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Assurances : Prime à la qualité

  • Les résultats du 3e trimestre 2006 sont en nette progression, (+ 21%) par rapport à la même période de l’exercice précédent.

  • La branche «risques divers» a pris le pas sur l’assurance automobile, qui prend, pour la 1re fois, la seconde position.

Avec un chiffre d’affaires de 11,7 milliards de dinars (non compris les acceptations internationales de la CCR), le secteur des assurances a enregistré une progression de 21% durant le 3e trimestre 2006, et cela par rapport à la même période de l’année 2005, où ce chiffre avait atteint les 9,7 milliards de dinars.
C’est ce qui ressort de la dernière note de conjoncture du marché des assurances pour le 3e trimestre 2006, présentée hier, au siège du Conseil national des assurances (CNA), à Hydra.
La tendance a également été renversée, pour ce qui concerne les produits d’assurances les plus prisés par les Algériens, puisque finalement, c’est la branche incendies, accidents et risques divers (IARD), qui a contribué pour plus de 80% à la production additionnelle sous les effets conjugués de son taux de croissance de   38,5% et de son poids de plus de 50% dans la production globale du trimestre, a noté le rapport de la très active institution de M. Abdelmadjid Messaoudi.
En seconde position, vient évidemment la branche automobile qui a de tout temps occupé la première place, avec une contribution de 12,8% et un taux de croissance de 6,3%. Les «assurances personnes» ont connu une forte progression de 35,3%.
En termes de contribution à l’augmentation globale de la production, cette branche n’a pourtant contribué que pour 6,4% du fait de son poids encore faible sur le marché, a-t-il été constaté.
Pour ce qui est des autres branches, celles-ci sont minoritairement représentées, et ont contribué avec soit des taux faibles, ne dépassant pas 3% pour les assurances «transport» et le «crédit caution», soit négativement, comme c’est le cas pour les «assurances agricoles», avec – 2,8%.
L’augmentation de l’IARD de (38,5%) est due néanmoins, essentiellement à la comptabilisation d’une partie des primes des contrats Sonatrach, dans le 3e trimestre. La souscription de nouvelles affaires en incendie et engineering a également contribué à cette forte croissance, toujours selon le rapport.
L’augmentation dans la branche automobile elle, est due principalement à la souscription des garanties «dommage collision» et «tous risques» à la SAA, souscription soutenue par les crédits octroyés pour l’achat de véhicules.
Pour sa part, la branche «assurance de personnes» a également enregistré une forte progression avec + 35,3%, liée, grosso modo, à la souscription des contrats d’assurance vie    «remboursement-crédit», exigée par les banques dans le cadre de l’octroi des crédits à la consommation. L’assurance groupe qui accompagne, en général, les contrats souscrits par les grandes entreprises, a aussi contribué au développement de cette branche.
La note de conjoncture souligne également le fait que le développement du crédit à la consommation continue d’être le facteur essentiel des augmentations enregistrées dans la branche assurances «crédits-caution» comme d’ailleurs dans les branches «assurances de personnes» et «assurance automobile».
L’assurance agricole, quant à elle, a connu une régression significative  de 35,5% expliquée de manière générale par le non renouvellement des contrats  par les clients, qui ne sont plus obligés de s’assurer pour l’octroi de  crédits bancaires comme le prévoyait le Programme national du développement  de l’agriculture.          
Le phénomène de la concurrence aurait provoqué des baisses significatives  dans les taux de primes proposés concourant ainsi à la régression du chiffre  d’affaires global de la branche, selon le bilan du conseil.         
A l’échelle maghrébine, le CNA a présenté une comparaison des taux de  contribution des assurances dans les économies du Maghreb qui fait ressortir  la faiblesse du secteur des assurances algérien avec un taux de pénétration  de 0,56% contre 2,75% et 2% en Tunisie.         
Selon un classement de groupement de professionnels, le secteur des assurances  algérien, qui a représenté en 2005, 577,7 millions de dollars vient en seconde  position après le Maroc (937 millions USD) et devant la Tunisie dont le marché  représente 519,3 millions USD.            
Pour ce qui est des parts de marché au sein de cette corporation, celui-ci est toujours dominé par les entreprises traditionnelles (SAA, CAAR, CAAT et CNMA) qui détiennent 72 % de ses parts, tandis que les nouvelles compagnies créées depuis l’ouverture du secteur en 1995, ne se partagent que 13%, et que les 15% restants, sont accaparés par la compagnie «CASH», et cela grâce aux performances réalisées dans la branche «incendie et risques industriels» (primes du contrat Sonatrach, précisément).
Enfin, concernant la production cumulée au 30 septembre 2006, le chiffre d’affaires enregistré dans ce secteur est de 34,6 milliards de dinars, contre 30,8 milliards pour la même période de l’exercice précédent, ce qui représente 12,3% d’augmentation.
Pour ce qui est des résultats globaux pour l’exercice 2006, le SG du CNA, M. Messaoudi, nous a précisé que nous les aurions d’ici au mois prochain, mais une chose est sûre, selon lui, «les chiffres sont en très nette progression, par rapport à 2005.»
 

Vers un relèvement des primes «assurance-autos» ? 
Dorénavant, il existe une autorité de régulation pour les assurances. Une autorité sous l’égide du ministère des Finances et qui vient d’être saisie par les membres de l’union des assureurs et réassureurs pour un relèvement des primes du secteur de l’automobile. Un relèvement donc, réclamé par les assureurs et réassureurs, et qui équivaudrait à un rééquilibrage des résultats techniques dans la branche automobile,
En effet, selon son président, qui est le P-DG de la SAA, M. Amara LATROUS, il n’est plus possible pour les assureurs de travailler dans ces conditions, «avec une tendance à la sous tarification, par rapport à nos voisins, nous avons un retard à rattraper, en termes de niveau de couverture de la matière assurable», a-t-il indiqué, soulignant qu’il espérait une réponse rapide et favorable de la part de leur tutelle, «il n’est pas sensé de recevoir par exemple   100 DA de la part de l’assuré, et de lui rembourser 200 DA», ceci d’autant que, comme il le rappellera, le nombre d’accidents déclarés et de plus en plus important d’année en année, avec 500.000 déclarations enregistrées rien que pour 2006, et plus de 4.200 décès déplorés. 

 Les chiffres de l’assurance

  • Au plan mondial, le secteur des assurances a généré 3.500 milliards de dollars de collectes de primes d’assurances en 2006.

  • Pour l’Algérie, le rythme de croissance annuel qui est de 12%, est un rythme qualifié d’«exceptionnel» par les professionnels du secteur.

  • Bon an, mal an, les compagnies d’assurances reçoivent 500.000 déclarations d’accidents.

  • La gestion des stocks de contentieux des compagnies est en baisse permanente, puisque celles-ci traitent 550.000 dossiers chaque année.

  • 0,56%, c’est le taux de pénétration des assurances dans l’économie algérienne. 

  • L’Algérie détient le 1er parc automobile du Maghreb, avec 3 millions 100 mille véhicules. 

  • La route tue de plus en plus. 2006 a comptabilisé 4.200 morts par accident, sans comptabiliser les blessés et dégâts matériels.

  • Si l’on ne fait rien en la matière, on comptabilisera un demi million de décès au cours de cette décennie 2000, ont estimé les experts. 

  • Elles sont 16 compagnies d’assurances à opérer sur le marché actuellement.

  • 7 compagnies publiques, 7 sociétés privées et deux mutuelles d’assurances spécialisées composent ce secteur.

  • Pas moins de 100 produits génériques sont commercialisés en Algérie par ces compagnies.

Ces produits sont distribués par un réseau de 1.340 points de vente à travers le territoire algérien, dont 432 agents généraux et 20 courtiers.

 

Amel ZEMMOURI  

El Moudjahid  mercredi 21 février 2007

Article de presse