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Un secteur en pleine mutation

Le marché des assurances en Algérie a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 400 millions d’euros en 2005 et de 10,9 milliards de dinars entre avril et juin 2006, soit au total 22,8 milliards de dinars entre janvier et juin 2006 contre 21 milliards de dinars durant le premier semestre 2005, dont 10,2 milliards entre avril et juin 2005.

Le marché des assurances et de la réassurance va connaître dans un avenir proche des changements importants qui permettront d’avoir, selon ce qu’espèrent les spécialistes et les professionnels du secteur, de meilleurs produits, et une relation de confiance avec des clients grâce notamment à des délais et des conditions de remboursement et d’indemnisation satisfaisants.
La promulgation de la loi 06-04 du 20 février 2006 modifiant l’ordonnance 95/07 relative aux assurances qui est à l’origine de ces changements annoncés consacre aussi la libéralisation du marché et apporte un certain nombre de nouveautés, dont la possibilité donnée aux sociétés étrangères d’exercer en Algérie à travers des, succursales sans avoir donc à créer une compagnie de droit algérien. Dans ce cadre, la société Cardif, filiale assurance-vie du groupe BNP Paribas qui a obtenu l’agrément de la Banque d’Algérie pour lancer Cardif El Djazaïr compte démarrer son activité sur le marché algérien, au premier trimestre 2007. En attendant cette échéance, les textes promulgués permettront à Cardif de proposer ses produits destinés aux particuliers, assurance-vie et assurance emprunteur, peu couverts par les compagnies d’assurance algériennes. Le marché des assurances en Algérie a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 400 millions d’euros en 2005 et de 10,9 milliards de dinars entre avril et juin 2006, soit au total 22,8 milliards de dinars entre janvier et juin 2006 contre 21 milliards de dinars durant le premier semestre 2005, dont 10,2 milliards entre avril et juin 2005. Le marché a enregistré une progression de 6,9%. Le secteur en pleine mutation devrait connaître donc une grande diversification de ses produits après la décision du gouvernement de séparer les branches assurance aux personnes et assurance des biens. L’autre nouveauté annoncée concerne la délicate question des privatisations. A ce sujet, les responsables du secteur notent que l’opération d’évaluation des actifs des entreprises du secteur risque de prendre beaucoup plus de temps par rapport aux autres entreprises publiques proposées à la privatisation. Dans ce
cadre, une banque d’affaires a été désignée pour rechercher un partenaire de la CAAR, compagnie qui présente actuellement les meilleures conditions de privatisation. Dans une interview accordée à la revue le Point économique, dans son édition du 8 novembre 2006, Abdelmadjid Messaoudi, secrétaire permanent du Conseil national des assurances, estime que le dossier des privatisations est extrêmement délicat.
Il déclare ainsi que «du point de vue du principe, […] la privatisation est acquise de la part des pouvoirs publics. Mais du côté de la réalisation, il y a un ensemble de préalables qui conditionnent cette démarche et qui ne sont pas encore réunis». Il poursuit en disant que «théoriquement, la privatisation des compagnies d’assurance devrait pouvoir apporter beaucoup de renouveau dans la gestion en termes d’agressivité sur le marché et de réduction des coûts. L’espoir est d’avoir des partenaires ayant des capacités managériales et techniques particulières qui pourraient être transférées aux compagnies publiques. Il reste que la privatisation n’est pas une chose aisée. Les entreprises d’assurance sont particulières, pour lesquelles le patrimoine n’est pas simplement constitué des actifs réels, mais il y a aussi le portefeuille de contrats qu’il faudrait aussi évaluer à sa juste valeur. Cela nécessite des audits, des travaux d’expertise assez pointus qu’il faut entamer le plus vite possible pour pouvoir prétendre à la privatisation».
Il est à noter que, dans les textes, la nouveauté réside dans la création d’un fonds de garantie des assurés, financé par les sociétés d’assurance et de réassurance, à un taux ne dépassant pas 1% des primes émises, et la prise en charge directe par les sociétés d’assurance des frais de réparation des voitures accidentées de leurs clients, au lieu de rembourser ces derniers sur la base des factures qu’ils présentent. Par ailleurs, les assurés victimes d’accidents de la route seront remboursés automatiquement par leur assureur qui va ensuite récupérer la somme remboursée auprès de l’assureur du responsable de l’accident, et tout assuré n’ayant pas perçu son remboursement dans les délais prévus dans le contrat d’assurance peut exiger de son assureur un dédommagement sur chaque jour de retard. L’assureur, selon les textes, est tenu d’informer son client, de la façon la plus complète qui soit, sur le contenu de son contrat d’assurance-vie, alors que l’assuré a le droit de renoncer à un contrat d’assurance-personnes dans un délai d’un mois après la date de souscription s’il réalise que les conditions du contrat ne lui conviennent plus, et de récupérer dans ce cas 100% de la somme qu’il a versée.   

Zhor Hadjam

La Tribune lundi 20 novembre 2006

Article de presse